SPHERE(S) Mile End / Avec l’Ukraine: Sphères mouvantes et retours prend pour point de départ le quartier du Mile End et les histoires partagées entre les communautés ukrainiennes et les diasporas du Québec et du Canada. Dans l’esprit de SPHERE(S), un nouveau type d’événement international en art contemporain, cette «sphère-test» met en lumière le rôle durable des migrations comme source de métamorphoses culturelles, sociales et humaines, tout en interrogeant les enjeux de coexistence, hier comme aujourd’hui, au sein de nos sociétés.
Ні долі, ні волі у мене нема, Зосталася тільки надія одна: Надія вернутись ще раз на Вкраїну, Поглянути ще раз на рідну країну, Поглянути ще раз на синій Дніпро, – Там жити чи вмерти, мені все одно; Поглянути ще раз на степ, могилки, Востаннє згадати палкії гадки… Ні долі, ні волі у мене нема, Зосталася тільки надія одна.
Ні долі, ні волі у мене нема, Зосталася тільки надія одна: Надія вернутись ще раз на Вкраїну, Поглянути ще раз на рідну країну, Поглянути ще раз на синій Дніпро, – Там жити чи вмерти, мені все одно; Поглянути ще раз на степ, могилки, Востаннє згадати палкії гадки… Ні долі, ні волі у мене нема, Зосталася тільки надія одна.
Sphères mouvantes et retours propose d’interroger un monde en profonde mutation – marqué par des conflits violents et des bouleversements qui remettent en question les ordres établis et reconfigurent les récits dominants. Dans certains contextes, ces transformations engendrent des dynamiques de repli et de fragmentation, tout en produisant, simultanément, de puissantes résonances à travers les diasporas à l’échelle mondiale. Elles ouvrent aussi, par endroits, des espaces pour relire les histoires passées et les pratiques culturelles mises à l’écart, ainsi que pour bâtir des formes de solidarité qui traversent les espaces et les temps.
L’investigation adresse, à travers l’art, les conditions socio-politiques rendant ces trajectoires migratoires et l’émergence de diasporas possibles – ou nécessaires. Nous pistons ces traces, tout en en inventant d’autres. Ici, on vous invite à découvrir une série d’interventions artistiques, de discussions, d’ateliers et de visites guidées.
Sphères mouvantes et retours se déploie à travers une série d’interventions artistiques imaginées par Nikolay Karabinovych, Adam Kinner, Eugénia et Alex Reznik et Alisi Telengut, et inclut la réactivation d’une pièce historique par Michael Snow. SPHERE(S) Mile End / Avec l’Ukraine met en lumière le rôle durable des migrations comme source de richesse culturelle, sociale et humaine, tout en interrogeant les enjeux de coexistence, hier comme aujourd’hui, au sein de la société canadienne. Le projet est conçu avec les contributions de communautés à Tiohtiá:ke / Montréal, dans l’Ouest canadien, diasporas fragmentées et personnes de l’autochtonie transnationale.
La question du « retour » y occupe une place centrale, non pas comme un axe prédéfini, mais comme un résultat d’échanges menés au fil de deux ans avec des artistes, universitaires, journalistes, d’horizons variés : qu’il s’agisse de retours de mémoire, de réactivations possibles de pratiques ancestrales, des chemins – réels ou symboliques – qui y mènent ou qui les obstruent, des structures qui encadrent ces processus, ou encore de la possibilité même d’un retour vers un « chez-soi ».
Le projet inscrit ces trajectoires dans un cadre historique et territorial élargi en problématisant la place de la migration au sein du projet d’expansion canadienne au fil du temps. Il porte une attention particulière aux intersections entre migration, déplacement, mémoire et histoire coloniale. À travers ce prisme, SPHERE(S) ouvre un espace de réflexion sur les formes d’appartenance, de solidarité et de responsabilité dans nos sociétés.
IMAGES → Selfie de la première rencontre de Nikolay Karabinovych avec le Théâtre Stozhary (au milieu), Eugénia Reznik, photo de groupe du Théâtre Stozhary, Adam Kinnner, Eugénia et Alex Reznik (Sumish),, Jacqueline Hoàng Nguyễn (à droite), Eugénia Reznik, théâtre et façade de la Fédération nationale ukrainienne du Québec (photo : Anna Kovalenko), Alex Reznik.
Direction artistique de SPHERE(S) Mile End / Avec l’Ukraine : Chantal Pontbriand
Commissariat de SPHERE(S) Mile End / Avec l’Ukraine : Sphères mouvantes et retours :
Sasha Baydal
Artistes : Nikolay Karabinovych, Adam Kinner, Eugénia Reznik et Alex Reznik, Michael Snow, Alisi TelengutAvec les contributions aux discussions de:
Dominique Arel (Université d’Ottawa), Jen Budney (Ukrainian Museum of Canada, Saskatoon), Céline Galipeau (Radio-Canada, Tiohtiá:ke / Montréal), Jonathan Durand, cinéaste (Tiohtiá:ke / Montréal),Vincent E. (Queen's University, Kingston), David Garneau (University of Regina), Daria Hetmanova (Simon Fraser University, Vancouver), Jacqueline Hoàng Nguyễn, artiste (Ho Chi Minh Ville, Vietnam), Mélanie Leavitt (Société d’histoire du Mile End, Tiohtiá:ke / Montréal), Galyna Lykhoshva (Tiohtiá:ke / Montréal), Dominic Marion (Université de Montréal), Anoush Moazzini, artiste (Tiohtiá:ke / Montréal), James Oscar, écrivain et commissaire (Tiohtiá:ke / Montréal), Alexandra Tsay (Université Concordia, Tiohtiá:ke / Montréal), Alisi Telengut, artiste (Tiohtiá:ke / Montréal), LidiaZhigunova (Tulane University, New Orleans, États-Unis).
Lieux: Phi, Fédération nationale ukrainienne du Québeс, Fonderie Darling, les quartiers Mile End et Rosemont de Tiohtià:ke / Montréal
Nous remercions pour leur soutien le Conseil des arts du Canada, le Conseil des arts et des lettres du Québec et le Consulat général de France à Québec.
En partenariat avec la Fédération nationale ukrainienne du Québec, Phi, I’MMIGRANT, et la Fonderie Darling
Temps forts du programme
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Temps forts du programme 〰️
LE 6 JUIN 2026 DE 13H30 À 19H
SPHERE(S) AVEC L’UKRAINE À PHI
JOURNÉE D’OUVERTURE
Laboratoires de discussion SPHERE(S) Lab et performance d’Eugénia et Alex Reznik Fondation PHI, Espace 4
407 Rue Saint-Pierre, Tiohtiá:ke / Montréal
LE 7 JUIN 2026 DE 11H À 13H
SPHERE(S) AVEC L’UKRAINE À PHI
VISITE GUIDÉE DU ROSEMONT UKRAINIEN
Visite guidée « Montréal Ukrainien », 1ere partie Rendez-vous : Parc de l'Ukraine, Rue de Bellechasse, Tiohtiá:ke / Montréal
LE 12 JUIN 2026 DE 19H30 À 12H
PERFORMANCES AU MILE END
Avec Nikolay Karabinovych, la troupe de théâtre Stozhary, Adam Kinner et son ensemble : Philippe Lauzier, Frédérique Roy, Stefan Schneider et Eliana Zimmerman
Ouverture des portes à 19h00.
Fédération nationale ukrainienne du Québec 405 Av. Fairmount O., Tiohtiá:ke / Montréal
LE 13 JUIN 2026 DE 13H30 À 19H
SPHERE(S) AVEC L’UKRAINE À PHI
SECOND JOUR
Laboratoires de discussions SPHERE(S) Lab, projection du film d’Alisi Telengut et atelier d’Adam Kinner autour de l’œuvre SINOMS de Michael Snow Fondation PHI, Espace 4
407 Rue Saint-Pierre, Tiohtiá:ke / Montréal
LE 14 JUIN 2026 DE 11H30 À 13H30
VISITE GUIDÉE DU MILE END UKRAINIEN AVEC GALYNA LYKHOSHVA
Visite guidée « Montréal Ukrainien », 2e partie
Rendez-vous : Fédération nationale ukrainienne du Québec
405 Av. Fairmount O, Tiohtiá:ke / Montréal
LE 14 JUIN 2026 DE 13H30 À 17H
SPHERE(S) CHORUS : ÉVÉNEMENT DE CLÔTURE
Discussion collective post-événement, extraits des performances, verre de l’amitié et bouchées Rencontre conviviale entre artistes, participants aux labos, organisateurs, membres de la communauté ukrainienne, et public participant.
Fédération nationale ukrainienne du Québec
405 Av. Fairmount O., Tiohtiá:ke /Montréal
→Fêter dans la grande salle de la Fédération nationale ukrainienne ! Avec l’aimable autorisation de la Fédération.
Nous remercions vivement tous nos collaborateurs depuis les débuts de SPHERE(S) en 2017, les participants au Groupe de travail (2018-2019), tous les membres du groupe SPHERE(S) Lab créé en 2021 (dont ce projet est une initiative au départ, en plus de La Cancha, axé sur la présence du Guatemala au Canada, réalisé en 2022-23), de même que les membres du Conseil d’administration de SPHERES Art Contemporain International, mis en place en 2022.
Chantal Pontbriand et Sasha Baydal remercient toutes les personnes rencontrées depuis l’automne 2024 pour mener à bien l’investigation et la recherche nécessaire à l’aboutissement de cette nouvelle sphère-test autour de la présence de l’Ukraine sur le territoire canadien.
CONSEIL D’ADMINISTRATION_ SPHERE(S)
Mathieu Bouchard, président
Chantal Pontbriand, vice-présidente
Angela Grauerholz
Trevor Gould
Hubert Marsolais (ex-membre)
SPHERE(S) Lab
Romeo Gongora
Caroline Monnet
James Oscar
Chantal Pontbriand
Cheryl Sim
Colas Wohlfahrt
Ronald Rose Antoinette (ex-membre)
Programme en détails
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Programme en détails 〰️
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SPHERE(S) AVEC L’UKRAINE À PHI JOUR 1
Laboratoires de discussion SPHERE(S) Lab
et performance Envelopper dans le son des franges d’Eugénia Reznik et Alex ReznikFondation PHI, Espace 4
407 Rue Saint-Pierre, Tiohtiá:ke / Montréal
En savoir plus
SPHERE(S) Mile End /Avec l’Ukraine : Sphères mouvantes et retours débutera à PHI, dans leVieux-Montréal. La journée du 6 juin s’ouvrira avec une introduction à SPHERE(S) par Chantal Pontbriand et Sasha Baydal, avant de se poursuivre avec deux laboratoires de discussion au format agora SPHERE(S) Lab, conçu comme un espace d’échanges, puis une performance d’Eugénia Reznik et Alex Reznik, conçue spécialement pour l’occasion. Bar ouvert en fin de journée.
Les SPHERE(S) Labs réuniront, en plus des artistes, des personnes chercheuses et porteuses de savoirs du Québec, du Canada et de l’international autour de deux axes de réflexion.
JOUR 113h30 Accueil : Chantal Pontbriand et Sasha Baydal
13h45 Le Prélude : Dominique Arel fera le point sur la question ukrainienne, tant sur le plan historique qu’actuel.
14h15 Laboratoire I : Ici et ailleurs : s’enraciner en mouvement – résilience diasporique et maintien du “chez-soi” en exil invite à envisager la diaspora autrement que sous l’angle du déracinement, comme une manière dynamique d’habiter le monde.
Avec : Sasha Baydal, Nikolay Karabinovych, Mélanie Leavitt, Galyna Lykhoshva, Anoush Moazzini, Chantal Pontbriand, Lidia Zhigunova15h30 Pause
16h00 Laboratoire II : Quel est le coût de prendre racine dans le jardin d’autrui ? Imbrications : migration, multiculturalisme et héritages coloniaux, propose d’examiner la place des communautés migrantes dans un territoire façonné par la présence autochtone, la dépossession des terres et les strates successives de colonisation.
Avec : James Oscar, Jen Budney, David Garneau, Jacqueline Hoàng Nguyễn17h15 Pause
17h30 Envelopper dans le son de franges, une performance d’Eugénia Reznik et Alex Reznik.
S’appuyant sur le foulard traditionnel ukrainien, la khoustka, les artistes en explorent les dimensions sensibles à travers un assemblage de textes, de récits personnels et de compositions sonores. Objet du quotidien autant que signe d’appartenance, la khoustka devient ici un point d’entrée pour interroger la transmission, les attachements et les déplacements de la mémoire.
Au fil de la performance, cet objet se transforme en espace de relation : un lieu où se croisent gestes, histoires et identités. En activant cette matière chargée d’histoire, les artistes ouvrent une réflexion sur la circulation des cultures et sur la manière dont elles se déplacent, se transforment et se réinventent à travers le temps et les contextes, au contact des autres.
BAR OUVERT
BIOS DES ARTISTES
Eugéniia Reznik est une artiste ukraino-franco-canadienne. S’inscrivant dans une démarche de recherche-création, elle croise les perspectives sociologiques avec des pratiques performatives et documentaires, les arts numériques et la recherche botanique. Son travail explore les enjeux du déracinement, de la transmission de la mémoire, ainsi que les liens entre la migration des plantes et des humains. Récipiendaire de plusieurs bourses, elle a présenté son travail dans de nombreuses expositions et événements au Canada, en Europe et aux États-Unis.
Alexey Reznik est un artiste multidisciplinaire né en Ukraine et basé à Toronto. Sa pratique se déploie à la croisée des arts visuels et de la musique. Il y explore les relations humaines et les expériences vécues en contexte de conflit, en interrogeant les dynamiques de déplacement, de fragmentation et de divisions, à la fois historiques et contemporaines. Joueur de oud, il se produit régulièrement avec son groupe Maayan Band, où il tisse les traditions musicales avec les influences actuelles. Il s’engage par ailleurs dans des collaborations internationales et interdisciplinaires qui tissent des liens sensibles entre le son, la mémoire et le lieu.
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VISITE GUIDÉE DE ROSEMONT MONTRÉAL UKRAINIEN 1 AVEC GALYNA LYKHOSHVA
Rendez-vous : Parc de l'Ukraine, Rue de Bellechasse, Tiohtiá:ke / Montréal
Gratuit sur réservation : info.spheresartinternational@gmail.com
Depuis 2022, la guide culturelle Galyna Lykhoshva s’engage activement dans l’accueil de personnes nouvellement arrivées au Canada et propose des visites guidées à travers les quartiers de Tiohtiá:ke / Montréal. Au fil de ses déambulations et de ses recherches dans les archives, elle a patiemment tissé un ensemble de récits et de savoirs, révélant le rôle essentiel des communautés ukrainiennes, et tout particulièrement celui des femmes, dans la fabrique de Montréal. Ses parcours nous invitent à découvrir la présence, souvent discrète mais profondément ancrée, des communautés ukrainiennes dans la ville, hier comme aujourd’hui.
Que reste-t-il de ces présences dans les rues que nous traversons ? Quels signes, quels souvenirs, quelles traces subsistent encore ? Galyna Lykhoshva nous guide à la rencontre de ces histoires, faisant surgir, au détour d’une rue ou d’une façade, des fragments de mémoire.
La visite s’achèvera dans une épicerie ukrainienne tenue depuis plusieurs générations où on pourra goûter quelques spécialités ukrainiennes !
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Avec Nikolay Karabinovych et la troupe du Théâtre Stozhary
Adam Kinner et ensemble : Philippe Lauzier, Frédérique Roy, Stefan Schneider et Eliana Zimmerman
Fédération nationale ukrainienne du Québec
405 Av. Fairmount O., Tiohtiá:ke / MontréalBillets en ligne sur le site de la Fédération ou sur place
Sphères mouvantes et retours vous invite à une soirée de performances suivie d’une réception à la Fédération nationale ukrainienne du Québec, située au cœur du Mile End. Dans ce lieu hautement symbolique pour le quartier et pour les communautés ukrainiennes, les artistes Adam Kinner et Nikolay Karabinovych, ce dernier en dialogue avec la troupe du Théâtre Stozhary, issu de la communauté ukrainienne de Montréal présenteront de nouvelles œuvres conçues spécifiquement pour SPHERE(S).
Où il nous soit possible d’être uh vraiment chez nous
Grande SalleAdam Kinner part des voix de six personnes immigrantes apprenant le français en lisant un extrait d’Option Québec de René Lévesque, publié en 1967. À travers leurs prononciations hésitantes de ce texte fondateur du mouvement nationaliste québécois, on entend comment la langue devient un terrain à travers lequel des personnes cherchent à appartenir à un lieu. Ces enregistrements vocaux ont d’abord été présentés en 2018 au centre Artexte, où chacun avait été minutieusement transcrit en notation musicale et présenté sous forme de pistes sonores.
À la Fédération nationale ukrainienne, dans un ensemble musical constitué de Philippe Lauzier (clarinette basse), Frédérique Roy (accordéon), Stefan Schneider (percussions), Eliana Zimmerman (violoncelle) ainsi que d’Adam Kinner lui-même – ces enregistrements seront réinterprétés, transformant ce français hésitant en une nouvelle œuvre musicale. Où il nous soit possible d’être uh vraiment chez nous vous invite à une écoute attentive et pose la question suivante : comment l’usage de la langue peut-il sembler être de prime abord un mécanisme d’exclusion, produire de profondes transformations subjectives et puis engendrer par la suite des sentiments d’appartenance ? Comment se jouent ici les questions d’accueil, d’hospitalité et d’en-commun ?
Adam Kinner est un artiste basé à Tio’tia:ke/Montréal, originaire de Washington, D.C. Il développe une pratique transdisciplinaire, adoptant une approche fondée sur la recherche, l’improvisation et la collaboration, travaillant souvent avec des artistes de la danse et/ou de la musique. Son travail prend la forme de concerts, d’écrits, d’expositions, de pièces scéniques, de films et de performances in situ. MANUAL, une performance qu’il a créé avec Christopher Willes, a été présentée travers le Canada ainsi qu’à l’international, notamment au Japon, au Royaume-Uni, en Finlande, en Norvège et en Thaïlande. Il codirige avec Jacob Wren l’orchestre The Air Contains Honey.
Homelandville
Théâtre
Cette nouvelle œuvre de Nikolay Karabinovych est créée en étroite collaboration avec la communauté gravitant autour de la Fédération nationale ukrainienne du Québec à Montréal, et plus particulièrement avec la troupe de théâtre amateur Stozhary. Présentée sur la scène principale de la Fédération, l’œuvre déploie une proposition théâtrale et musicale traversée d’un humour mordant, où récits personnels de migration, mémoire collective et fiction spéculative s’entrelacent.
Se déroulant dans un univers semi-réel, semi-imaginaire — étrangement proche du nôtre, mais où l’URSS ne se serait jamais effondrée — l’œuvre met en scène des communautés diasporiques de nouveau confrontées à des formes mouvantes de menace extérieure, d’incertitude et de déplacement. Oscillant avec fluidité entre ironie et gravité, mémoire et invention, elle explore la manière dont les histoires se construisent, se transmettent et se rejouent d’une génération à l’autre. Brouillant les frontières entre témoignage, fiction et rituel collectif, Karabinovych fait de la remémoration un geste performatif prenant une forme à la lisière de l’absurde, tout en demeurant profondément évocatrice. Homelandville soulève ainsi des questions essentielles : qui raconte l’histoire, quelles voix perdurent, et comment la mémoire continue de façonner les formes d’appartenance dans des contextes de rupture.
La dimension musicale de l’œuvre joue un rôle central dans cette exploration de la mémoire et du territoire. Yuriy Gurzhy, compositeur ukrainien dont la pratique établit des passerelles entre les formes musicales traditionnelles ukrainiennes et la composition contemporaine — et collaborateur de longue date de Karabinovych — signe la partition de l’œuvre, tandis que Victor Kyrychok interprète l’accordéon en direct, apportant une présence incarnée et immédiate au paysage sonore.
Traversant différentes temporalités, le parcours sonore de Homelandville nous ramène au cœur des histoires stratifiées et de la présence vivante de la communauté ukrainienne de Montréal.
Nikolay Karabinovych, artiste originaire d’Odesa en Ukraine, explore vidéo, performance, son et sculpture dans son travail. Sa pratique explore les histoires de l’Europe de l’Est à travers des récits personnels, en abordant les questions d’identité, d’appartenance et d’exclusion, souvent à travers la musique comme prisme culturel. Il est diplômé du HISK à Gand (2020), a été assistant-curateur de la 5e Biennale d’Odesa et a remporté le PinchukArtCentre Prize (2018, 2020, 2022). Son travail a été largement présenté à l’international et intégré à de grandes biennales, notamment à Kyïv, Kaunas, Venise (programme parallèle) et Steirischer Herbst.Le Théâtre Stozhary est une troupe amateure active au sein de la Fédération nationale ukrainienne du Québec à Tiohtià:ke / Montréal et constituée de membres de la communauté ukrainienne. Inspiré à la fois des classiques ukrainiens et de dramaturgies contemporaines, le collectif a présenté des œuvres de Gogol, I. Nechouï-Levytsky, Olga Onyshchenko ou encore Eugene Polozhiy. Les productions de Stozhary ont à ce jour été présentées à Tiohtià:ke / Montréal, Toronto et Ottawa. Engagé socialement, le théâtre soutient également des initiatives communautaires et caritatives, notamment à travers son programme d’ateliers « Adaptation », mis en place après l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie en 2022.
Yuriy Gurzhy est un musicien, DJ, producteur et animateur radio ukrainien basé à Berlin. Avec l’écrivain allemand Wladimir Kaminer, il a lancé les désormais légendaires soirées club Russendisko, dans le cadre desquelles cinq albums ont également été publiés. Sa compilation Shtetl Superstars est consacrée aux sonorités juives funky du monde entier, tandis que Revolution Disco rassemble des hymnes de révolutionnaires contemporains.De 2000 à 2006, Yuriy Gurzhy a animé l’émission musicale Russendisko Klub sur la station berlinoise MultiKulti Radio. Lorsqu’il ne mixe pas ou ne conçoit pas de compilations, il chante et joue de la guitare avec son groupe RotFront. RotFront tourne abondamment à travers l’Europe, se produisant dans de nombreux festivals et salles majeurs. Il a également collaboré avec Alec Kopyt, Shantel, Amsterdam Klezmer Band, Perkalaba et Sergey Zhadan & Dogs In Space, entre autres. -
SPHERE(S) AVEC L’UKRAINE À PHI JOUR 2
Laboratoires de discussion SPHERE(S) Lab, projection du film d’Alisi Telengut et atelier d’Adam Kinner autour de l’oeuvre de Michael Snow
Fondation PHI, Espace 4
407 Rue Saint-Pierre, Tiohtiá:ke / MontréalSPHERE(S) Mile End – Avec l’Ukraine : Sphères mouvantes et retours poursuivra à PHI, dans le Vieux-Montréal. La journée du 13 juin proposera deux laboratoires de discussion au format agora
SPHERE(S) Lab, une projection de film d'animation par Alisi Telengut, ainsi qu’un atelier mené par Adam Kinner et autres artistes autour d’une pièce historique de Michael Snow. Bar ouvert en fin de journée.
JOUR 213h30 Accueil: Chantal Pontbriand et Sasha Baydal
13h45 Le Prélude: Céline Galipeau
14h15 Laboratoire I: Infrastructures de déplacement: formes de résistance, persistance de la mémoire et de la langue
Le film d’animation Baigal Nuur – Lake Baikal (2023), de l’artiste Alisi Telengut sera projeté à l’issue de la discussion.
Avec : Vincent E., Jonathan Durand, Daria Hetmanova, Alisi Telengut
15h30 Pause
16h00 Laboratoire II: Retours: circulation et transformation des formes culturelles
La notion de retour: comment les formes culturelles circulent à travers des infrastructures patrimoniales, nationalistes et institutionnelles, et comment les gestes de retour transforment à la fois les formes elles-mêmes et les structures dans lesquelles elles se réinscrivent?
Avec : Dominic Marion, Adam Kinner, Marko Kolomytskyi, Eugénia Resnick, Alisi Telengut, Alexandra Tsay
17h15 Pause
17h30 Autour de SINOMS de Michael Snow
Cette session collaborative menée par l’artiste Adam Kinner prolonge les réflexions sur la circulation, la transformation et le retour à travers le langage, en prenant comme point de départ SINOMS (1989) de Michael Snow, une œuvre phare de l’art canadien, basée sur la liste des noms des maires de Québec. Une suite “imprévue” de l’œuvre, (Snow à titre de musicien improvisateur en aurait été ravi) avec les contributions des artistes Lisa Conway-Bühler et Aman Sandhu, viendra clore la journée. Lisa Conway-Bühler est une compositrice, artiste sonore, autrice-compositrice-interprète, chercheuse, preneuse de son et mixeuse canado-suisse. Ses enregistrements et installations sonores font appel à des synthétiseurs analogiques, boîtes à rythmes et dispositifs électroniques, souvent associés à des arrangements pour cordes et instruments à vent.
Aman Sandhu est un artiste et écrivain travaillant entre Montréal et Glasgow. Ses installations intègrent souvent le dessin, l’image en mouvement, la sculpture et le texte. Il les envisage comme des ensembles d’objets qui prennent forme à travers l’improvisation.
Nous remercions chaleureusement Peggy Gale de nous avoir accordé la permission de présenter un extrait de l’œuvre originale.
BAR OUVERT.
BIOS DES ARTISTES
Alisi Telengut est une artiste canadienne d’origine mongole. Elle crée des films d’animation image par image, réalisés sous la caméra avec des techniques mixtes, explorant des esthétiques picturales et artisanales ainsi que les relations entre l’humain et la nature. Son travail a été présenté à l’international, notamment à Sundance, à la Biennale du Whitney, au TIFF (Toronto International Film Festival) et à Annecy. Nommée aux Prix Écrans canadiens (Canadian Scree Awards) et lauréate du Prix Iris, ses films ont reçu de nombreux prix internationaux. Elle est professeure adjointe en animation à l’Université Concordia.
Adam Kinner : bio en bas de page -
VISITE GUIDÉE DU MILE END MONTRÉAL UKRAINIEN 2 AVEC GALYNA LYKHOSHVA
Rendez-vous : Fédération nationale ukrainienne du Québec
405 Av. Fairmount O., Tiohtiá:ke / MontréalGratuit sur réservation : info.spheresartinternational@gmail.com
Depuis 2022, la guide culturelle Galyna Lykhoshva s’engage activement dans l’accueil de personnes nouvellement arrivées au Canada et propose des visites guidées à travers les quartiers de Tiohtiá:ke / Montréal.
Cette promenade se concentrera sur la présence ukrainienne dans le Mile End, qui rappelle l’arrivée des Ukrainiens au XIXe et XXe s.. La visite s’achèvera à la Fédération nationale ukrainienne, rue Fairmount…
Bios
Laboratoires de discussion
JOUR 1
Dominique Arel
Dominique Arel, Montréal, est professeur agrégé de science politique et titulaire de la Chaire d’études ukrainiennes à l’Université d’Ottawa, où il enseigne et mène des recherches sur les questions d’identité, de langue et de politique en Europe de l’Est. Il a obtenu un BA de l’Université de Montréal, une MA de McGill University, et un doctorat de l’University of Illinois at Urbana-Champaign. Ses travaux portent principalement sur la formation des identités nationales en Ukraine et en Russie, ainsi que sur les dynamiques politiques liées aux transformations post-soviétiques. Il a codirigé l’ouvrage de référence Rebounding Identities: The Politics of Identity in Russia and Ukraine (2006), qui examine les recompositions identitaires dans ces contextes.
Galyna Lykhoshva
Depuis 2022, la guide culturelle Galyna Lykhoshva s’engage activement dans l’accueil de personnes nouvellement arrivées au Canada et propose des visites guidées à travers les quartiers de Tiohtiá:ke / Montréal. Au fil de ses déambulations et de ses recherches dans les archives, elle a patiemment tissé un ensemble de récits et de savoirs, révélant le rôle essentiel des communautés ukrainiennes, et tout particulièrement celui des femmes, dans la fabrique de Montréal. Ses parcours nous invitent à découvrir la présence, souvent discrète mais profondément ancrée, des communautés ukrainiennes dans la ville, hier comme aujourd’hui.
James Oscar
James Oscar est écrivain, critique d’art et commissaire d’exposition. Son travail conjugue critique d’art expérimentale, commissariat novateur et anthropologie culturelle. Chercheur diplômé à l’Institut National de la Recherche Scientifique, il se spécialise en sociologie et anthropologie de l’art ainsi qu’en politiques culturelles. Son approche a été profondément marquée par son mentorat auprès du philosophe martiniquais Édouard Glissant. Fort de 25 années de pratique dans l’écriture sur l’art contemporain, il est récipiendaire du prix Joan Yvonne Lowndes du Conseil des arts du Canada.
Jacqueline Hoàng Nguyễn
Jacqueline Hoàng Nguyễn, Montréal et Hô Chi Minh, pousuit une pratique fondée sur la recherche, explorant les archives, le spectacle de l’État, la photographie, la théorie féministe et la politique utopiste. Avec Space Fiction & the Archives (2012), montré en Alberta, elle revisite le centenaire du Canada de 1967 et examine de manière critique comment le multiculturalisme a été mis en scène comme une mythologie nationale progressiste, masquant les continuités coloniales et les exclusions. Son travail trouve un écho profond avec l’objectif de cet axe de discussion, interrogeant la manière dont les régimes visuels et les récits d’archives construisent la mémoire collective tout en « gérant » la différence.
JOUR 2
Céline Galipeau
Céline Galipeau, Montréal, est l’une des grandes figures du journalisme québécois et canadien.
Journaliste, correspondante internationale et animatrice chevronnée, elle a contribué pendant plusieurs décennies à façonner la compréhension publique des grands bouleversements géopolitiques contemporains. Son parcours de terrain l’a menée au cœur de nombreux conflits et zones de crise – de l’Europe de l’Est au Moyen-Orient, en passant par les Balkans, la Russie, l’Afghanistan et, plus récemment, l’Ukraine. Son regard s’est toujours distingué par une capacité rare à articuler les dimensions humaines, politiques et historiques des événements, en donnant voix aux réalités vécues par les populations touchées par la guerre, le déplacement et la violence.
Daria Hetmanova
Daria Hetmanova poursuit actuellement un doctorat à l’École de communication de Simon Fraser University, située sur les territoires traditionnels salish de la côte, incluant les nations Tsleil-Waututh (səl̓ilw̓ətaʔɬ), Kwikwetlem (kʷikʷəƛ̓əm), Squamish (Sḵwx̱wú7mesh Úxwumixw) et Musqueam (xʷməθkʷəy̓əm). À l’intersection des études des sciences et des technologies (STS) et des études critiques des infrastructures, son projet de recherche actuel porte sur la cartographie — à la fois spatiale et temporelle — du système de « filtration » des civil·e·s ukrainien·ne·s mis en place par la Russie dans le cadre de la guerre contre l’Ukraine.
Adam Kinner
Adam Kinner est un artiste basé à Tio’tia:ke/Montréal, originaire de Washington, D.C. Il développe une pratique transdisciplinaire, adoptant une approche fondée sur la recherche, l’improvisation et la collaboration, travaillant souvent avec des artistes de la danse et/ou de la musique. Son travail prend la forme de concerts, d’écrits, d’expositions, de pièces scéniques, de films et de performances in situ. MANUAL, une performance qu’il a créé avec Christopher Willes, a été présentée travers le Canada ainsi qu’à l’international, notamment au Japon, au Royaume-Uni, en Finlande, en Norvège et en Thaïlande. Il codirige avec Jacob Wren l’orchestre The Air Contains Honey.
Alexandra Tsay
Alexandra Tsay est commissaire indépendante et doctorante en histoire de l’art à l’Université Concordia. Sa recherche, financée par le FRQSC, porte sur l’art contemporain au Kazakhstan de la fin de la période soviétique à l’après-indépendance, en retraçant et en théorisant les transformations des stratégies esthétiques tout en situant ces développements artistiques dans un contexte global. Alexandra Tsay est coéditrice de Stalinism in Kazakhstan: History, Memory, and Representation (2021) et contributrice à The Nazarbayev Generation: Youth in Kazakhstan (2019). Parmi ses projets curatoriaux récents figurent Suture: Reimagining the Ornament (2023) à Hong Kong et Living Memory à Almaty.
Nikolay Karabinovych
Nikolay Karabinovych, artiste originaire d’Odesa en Ukraine, explore vidéo, performance, son et sculpture dans son travail. Sa pratique explore les histoires de l’Europe de l’Est à travers des récits personnels, en abordant les questions d’identité, d’appartenance et d’exclusion, souvent à travers la musique comme prisme culturel. Il est diplômé du HISK à Gand (2020), a été assistant-curateur de la 5e Biennale d’Odesa et a remporté le PinchukArtCentre Prize (2018, 2020, 2022). Son travail a été largement présenté à l’international et intégré à de grandes biennales, notamment à Kyïv, Kaunas, Venise (programme parallèle) et Steirischer Herbst.
Anoush Moazzini
Anoush Moazzini, Montréal et Chertsey, née en Iran, est une artiste interdisciplinaire, penseuse, écrivaine et éducatrice dont la pratique se situe à la croisée de la
philosophie, du son, de la performance, de la politique et de l’éthico-esthétique. Travaillant à la croisée de l’art expérimental, de la recherche-création et de la théorie critique, elle explore l’incarnation, l’affect, la migration, la mémoire et les formes spéculatives de construction du monde à travers des processus artistiques et relationnels.
Jen Budney
Jen Budney, Saskatoon, est directrice du Musée ukrainien, commissaire, auteure, leader culturelle et penseuse dont le travail fait le pont entre la pratique muséale, l’histoire publique et la mémoire diasporique. À titre de directrice générale et cheffe de la direction du Musée ukrainien du Canada, elle fait progresser les réflexions critiques sur le patrimoine, la migration, l’identité et la résilience culturelle de l’Ukraine dans les contextes civiques et internationaux contemporains.
Alex Reznik
Alex Reznik est un artiste multidisciplinaire né en Ukraine et basé à Toronto, dont la pratique se déploie à la croisée des arts visuels et de la musique. Son travail explore les relations humaines et les expériences vécues en contexte de conflit, en interrogeant les dynamiques de déplacement, de fragmentation et de divisions, à la fois historiques et contemporaines. Joueur de oud, il se produit régulièrement avec son groupe Maayan Band, où il tisse les traditions musicales avec les influences actuelles. Il s’engage par ailleurs dans des collaborations internationales et interdisciplinaires qui tissent des liens sensibles entre le son, la mémoire et le lieu.
Vincent E.
Vincent E. écrit, commissaire, enseigne, anime des discussions, organise, rêve et imagine des stratégies. Iel vit en tant que colon·e non invité·e à Katarokwi (Kingston), sur des terres volées aux peuples anishinaabe, haudenosaunee et huron-wendat. Dans le cadre de sa recherche doctorale au Département de cinéma et médias de Queen’s University, iel examine l’optimisme nucléaire de la période de la guerre froide à partir d’une perspective décoloniale, en s’intéressant aux manières dont le colonialisme nucléaire soviétique a été rendu lisible à travers les formes de communication internationale.
Alisi Telengut
Alisi Telengut est une artiste canadienne d’origine mongole. Elle crée des films d’animation image par image, réalisés sous la caméra avec des techniques mixtes, explorant des esthétiques picturales et artisanales ainsi que les relations entre l’humain et la nature. Son travail a été présenté à l’international, notamment à Sundance, à la Biennale du Whitney, au TIFF (Toronto International Film Festival) et à Annecy. Nommée aux Prix Écrans canadiens (Canadian Scree Awards) et lauréate du Prix Iris, ses films ont reçu de nombreux prix internationaux. Elle est professeure adjointe en animation à l’Université Concordia.
Marko Kolomytskyi
Marko Kolomytskyi a vu son parcours façonné par plusieurs déplacements : d’abord, une enfance dans la région du Donbas en Ukraine, marquée par l’occupation russe depuis 2014, puis une vie en migration, du Donbas vers l’Asie et le Japon, ensuite vers le Canada, avant une récente installation à Paris. Sa pratique artistique s’articule autour du langage, qu’il considère
comme son médium principal, et se déploie à travers l’installation, l’estampe (lithographie et linogravure), la performance, le théâtre et le cinéma. Puisant autant dans les approches conceptuelles que dans les philosophies du cosmisme, son travail réactive ces héritages à travers le prisme du moment contemporain, tout en plaçant au centre les questions de sensibilité, de fragilité et de tendresse.
Mélanie Leavitt
Mélanie Leavitt, Montréal, active à la Société d’histoire Mémoire du Mile End, propose une lecture localisée des dispositifs coloniaux tels qu’ils se matérialisent dans l’espace urbain. Le quartier du Mile End, façonné par les corridors ferroviaires, les usines, les régimes de zonage et les vagues migratoires, incarne la manière dont les transports illustrent parfaitement comment les infra-structures de transport et les politiques d’immigration redessinent le territoire et la communauté.
Lidia Zhigunova
Lidia Zhigunova, New Orleans, est professeur à la Tulane University, écrivaine et penseuse circassienne autochtone. Elle travaille la notion d’autochtonie transnationale: une manière de concevoir l’appartenance au-delà des frontières tracées par les empires et les États modernes. Pour les communautés circassiennes dispersées par la violence impériale, l’autochtonie ne se réduit pas à une continuité territoriale. Elle se maintient par la langue, la mémoire, la parenté et les pratiques culturelles. La résilience devient ici une pratique politique et épistémique: maintenir le territoire d’origine vivant dans l’exil, sans l’essentialiser ni le figer.
David Garneau
David Garneau, Edmonton, métis d’origine, écrit et organise des expositions sur l’art contemporain autochtone, le colonialisme de peuplement et ce qu’il décrit comme le «refus autochtone». Son travail insiste sur la souveraineté au-delà des cadres de réconciliation qui laissent intactes les structures coloniales. Dans le cadre de cette discussion, la voix de Garneau recentre les épistémologies autochtones et met au défi les migrants comme les colons de se confronter aux traités, à la terre et à la responsabilité au-delà d’une inclusion symbolique.
Eugénia Reznik
Eugénia Reznik est une artiste ukraino-franco-canadienne. S’inscrivant dans une démarche de recherche-création, elle croise les perspectives sociologiques avec des pratiques performatives et documentaires, les arts numériques et la recherche botanique. Son travail explore les enjeux du déracinement, de la transmission de la mémoire, ainsi que les liens entre la migration des plantes et des humains. Récipiendaire de plusieurs bourses, elle a présenté son travail dans de nombreuses expositions et événements au Canada, en Europe et aux États-Unis.
Jonathan Durand
Jonathan Kolodziej Durand est photographe et cinéaste montréalais, dont le travail se concentre sur l'effacement et l'histoire orale. Son documentaire de 2019, Memory Is Our Homeland (Al Jazeera Witness), retrace le parcours de déportés polonais de la Seconde Guerre mondiale vers la Sibérie, devenus réfugiés en Afrique de l'Est, et dont l'histoire a été effacée après la guerre. Poussé par cet héritage, il travaille bénévolement et filme en Ukraine auprès de groupes humanitaires depuis 2022, avec l'intention de publier son prochain film, LeParadoxe du Mouvement, en 2027.
Dominic Marion
Auteur d’une thèse sur la réception de Sade (Sade e ses lecteurs. Une historiographie critique [XVIIIe-XXIe siècle], Hermann, 2017), Dominic Marion a aussi dirigé la publication du livre-disque illustré Ouverture du cadavre de Sade (possibles Éditions/Tour de bras, 2016) et de l’ouvrage collectif Logiques de la transgression. Hubert Aquin et Georges Bataille (Otrante, 2025). Il enseigne la littérature, le théâtre et les études culturelles québécoises à l’Université de Montréal. Guitariste, improvisateur et compositeur, il produit aussi de la musique originale (Totenbaum Träger, Marion/Mucci, Maquereau Dose).
Eugénia Reznik
Eugénia Reznik est une artiste ukraino-franco-canadienne. S’inscrivant dans une démarche de recherche-création, elle croise les perspectives sociologiques avec des pratiques performatives et documentaires, les arts numériques et la recherche botanique.